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Blog du Père Claude, prêtre gallican

Blog du Père Claude, prêtre gallican

Une Eglise de tradition au service des chrétiens d'aujourd'hui.

Le jeûne eucharistique

Le jeûne eucharistique


Nous connaissons votre ardeur et votre empressement aussi bien dans la prière que dans le jeûne. J'en connais même parmi vous qui entreprennent des jeûnes au-dessus de leurs forces et je suis obligé de réfréner leur enthousiasme de peur qu'ils ne défaillent. Par contre, certains ont négligé le jeûne, non par manque de ferveur car ils se dépensent pour l'Eglise en travail et en charité, mais à cause de la fragilité de leur santé ou des conditions de leur vie. Saint Paul nous enseigne que : «Ceux qui mangent ne doivent pas juger ceux qui ne mangent pas» (Ro 14, 3), et la 69e règle apostolique, ordonnant aux clercs et aux laïcs de jeûner aux jours et temps désignés par l'Eglise sous peine d'excommunication, ajoute : sauf empêchement ou faiblesse corporelle.

Nous louons ceux qui jeûnent et nous rappelons à ceux qui n'ont pas encore compris la valeur spirituelle du jeûne, que le Christ jeûna quarante jours avant de commencer sa prédication publique, et qu'Il nous a révélé que le diable ne peut être vaincu que par le jeûne et la prière. Nous vous donnons une règle d’or en vous conviant tous à l'abstinence et au jeûne. Conformez-vous le plus possible aux sages conseils de l'Eglise, consultez les prêtres pour chaque cas particulier afin de ne pas vous priver au-dessus de vos forces, ni de vous relâcher.

Il existe un jeûne quotidien, un jeûne de période et le jeûne eucharistique. C'est de ce dernier que nous voulons vous entretenir particulièrement.

Saint Cyprien insiste, avec la puissance de son verbe, sur le fait que le chrétien doit communier quotidiennement. Le «pain substantiel» demandé chaque jour dans la prière dominicale n'est pas le pain ordinaire, c'est le Pain de Vie, la communion au Corps et au Sang du Christ. L'évêque de Carthage n'est pas seul ; un grand nombre de Pères de l'Eglise primitive réclament la communion quotidienne, saint Basile le Grand en est un témoin précieux.

Malheureusement, dès le IVe siècle, un relâchement se produisit. Nous trouvons des règles de cette époque exigeant la communion au moins tous les trois dimanches, sous peine d'excommunication. Plus tard, l'éloignement des chrétiens de la communion s'était tellement accentué, la tiédeur s'était tellement répandue en Orient aussi bien qu'en Occident, qu'on en était arrivé à ce que les fidèles ne communient qu'une fois par an, en «faisant leurs Pâques». Par bonheur, la faim et la soif du

Christ ont reparu ces derniers temps, et si les masses ne sont pas encore parvenues à la communion quotidienne, les chrétiens progressent de plus en plus vers la communion fréquente. Nous enregistrons des résultats remarquables : les âmes se réveillent, le diable faiblit, les péchés sont combattus, un souffle de vie divine parcourt le peuple chrétien. Je bénis Dieu de ce que notre Eglise de France soit si ardente pour la communion ; en elle sont notre salut et notre force.

Vous connaissez notre zèle à vous appeler à la table sainte. Les règles apostoliques 8 et 9 condamnent ceux qui s'abstiennent de communier. Quelle joie spirituelle se propage lorsque toute la communauté participe au banquet divin ! Quelle tristesse mortelle se dégage d'une messe à laquelle personne ne communie, ou pendant laquelle deux ou trois croyants seulement se détachent pour réclamer le Pain substantiel, tandis que le gros des fidèles demeurent semblables à des catéchumènes ou des excommuniés, étrangers à l'hospitalité du Seigneur.

Nous vous exposons ceci afin de vous faire comprendre et de vous répéter «à temps et à contre-temps» le bienfait de la communion fréquente. Néanmoins, il est indispensable de tenir compte des conditions nécessaires à une bonne communion : réconciliation avec ses frères, pureté, chasteté, prière... enfin, le jeûne eucharistique.

L'Eglise primitive ne connaissait pas le jeûne eucharistique, mais, dès le IVe siècle, le respect du sacrement et le désir de donner la primauté à la nourriture céleste sur la nourriture terrestre développèrent la pratique du jeûne eucharistique, qui s'implanta dans l'Eglise universelle, à quelques exceptions près. Hélas, étant donné notre faiblesse humaine, cette louable attitude, dictée par une piété nombre de croyants de la communion fréquente et, authentique, détourna repoussées parla faim, les messes vespérales furent mises au matin. Voyant combien le diable change le bien en mal et convertit la ferveur en négligence, nous avons, afin de le confondre, allégé le jeûne eucharistique.

C'est la sollicitude qui nous dicta cette manière d'agir.

Le saint Concile des évêques de l'Eglise orthodoxe russe hors frontières[1] a jugé utile, comme nous l’avons déjà dit dans notre lettre pastorale du 12 mars 1960, d'appuyer sur la nécessité du jeûne eucharistique. Je vous ai demandé, alors, d'accepter avec humilité la volonté conciliaire. Pourtant, je constate qu'il en est parmi vous qui commettent encore des négligences. Une fois de plus, nous insistons fermement auprès de vous afin que vous pratiquiez avec fidélité le jeûne eucharistique, sauf empêchement légitime - faiblesse corporelle, par exemple - et, dans ce dernier cas, en accord avecvotre prêtre.

En vous adressant cette exhortation, nous prions nos prêtres de traiter ce sujet en chaire dans toutes nos paroisses et de l'expliquer en détail à leurs enfants spirituels, durant la confession ou la direction pastorale.

Nous terminons cette lettre en demandant instamment à nos fidèles de s'adresser aux prêtres pour savoir dans quelles conditions ils peuvent ou non communier et comment ils doivent jeûner.

Que Celui qui était, qui est, qui vient, soit avec vous et en vous.

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